Le Tiktaalik roseae

 
Déplacez pour faire tourner le spécimen

Le Tiktaalik roseae

À une période dans l’histoire de la Terre qui s’appelle l’époque dévonienne, il y a de cela entre 358 et 419 millions d’années, les masses terrestres qui forment aujourd’hui l’Arctique étaient situées un peu au sud de l’Équateur. Provoqué par la dérive des continents, ce phénomène a donc donné suite à un climat tropical.

L'image : Les restes fossilisés de Tiktaalik roseae.

 
Point de vue en 3D : Le Tiktaalik roseae
 
 
Une reconstruction et un fossile de Tiktaalik roseae.

L’importance de l’espèce

Durant cette période vivait une créature du nom de Tiktaalik roseae (son nom scientifique).  Les paléontologues font référence à cette créature comme étant « un maillon manquant ». Le Tiktaalik roseae a évolué de façon à se doter de certains traits physiques semblables à ceux des poissons, et d’autres qui se rapprochaient plutôt d’un animal terrestre à quatre pattes, ou d’un vertébré.  Ce fossile est connu comme un maillon transitionnel, puisqu’il est un puissant indicateur de l’époque à laquelle les poissons ont commencé à évoluer pour devenir des êtres terrestres.

 

La dérive des continents

La Terre change continuellement. Les continents de la planète se sont déplacés pendant des millions d'années et continuent à le faire aujourd'hui. Ce phénomène géologique est connu sous le nom de dérive des continents.

Des périodes de temps géologique précises sont associées à ces dérives, quand la température de l'air et la vie sur Terre étaient très différentes de ce qui se voit actuellement.

Cette image interactive montre comment les continents de la Terre se sont déplacés au cours de millions d'années. Il y a de cela 400 millions millions d'années, les masses terrestres de la Terre étaient proches les unes des autres et à proximité de l'équateur. Environ chaque 100 millions d'années, il y avait des déplacements majeurs de masses terrestres. Depuis environ 10 millions d'années, les continents de la Terre ont occupé leur position actuelle.

 

Une carte du monde montrant les continents décalage entre 400 et 10 millions d'années.
 
Il y a 10 millions d'années
Il y a 400 millions d'années
 
 

Un poisson à quatre pattes

 

Le Tiktaalik roseae porte le surnom poissopode.  Suite à l’analyse de ce fossile, les scientifiques ont déterminé que cette espèce comporte des traits physiques l’associant aux poissons et aux vertébrés à quatre pattes ou tétrapodes. Ses caractéristiques de type poisson incluent la présence d’écailles, de nageoires et de branchies alors que ses traits tétrapode incluent des côtes, un cou et des poumons.

 

Une nouvelle découverte

 

Le Tiktaalik roseae a été découvert en 2004 sur l’Île d’Ellesmere, au Nunavut, où il vivait il y a de cela 375 millions d’années.

 

Le sens d’un nom

 

Le Tiktaalik roseae est un nom inuktitut qui signifie « burbot » ou poisson d’eau douce semblable à la lotte, ou à la morue.

 

Vidéo

 

Une découverte paléontologique

Regardez cette vidéo qui décrit la découverte du Tiktaalik roseae.

 

Transcription : Une découverte paléontologique

Narrateur :
Les paléontologistes ont découvert la totalité des restes fossilisés d’une nouvelle espèce de poisson qui serait sortie des eaux et aurait marché sur la terre ferme il y a 375 millions d’années. Selon Neil Shubin, professeur à l’Université de Chicago et cofondateur de l’expédition en Arctique au cours de laquelle a été découvert le lien évolutionnaire manquant, le tiktaalik est l’exemple le plus irréfutable à ce jour d’un organisme ayant effectué la transition de l’état de poisson à celui de tétrapode.

Neil Shubin,
Université de Chicago :
Il s’agit d’un poisson qui se situe entre un poisson et un animal terrestre. Ses écailles et ses nageoires lui donnent l’apparence d’un poisson, mais une observation plus poussée permet de constater à quel point son squelette est unique. Ses nageoires, dotées de structures ressemblant à un poignet et à un doigt, nous indiquent qu’il s’agit d’un poisson qui peut vivre en eaux peu profondes et même faire de courtes excursions sur la terre ferme.

Narrateur :
Tel que mentionné dans deux articles sur le sujet et mis de l’avant à la une de l’édition d’avril du magazine Nature, le tiktaalik était un prédateur muni de dents pointues, d’une tête rappelant celle d’un crocodile et d’un corps plat, tout en présentant des caractéristiques typiques aux poissons comme des écailles, des ailerons et une mâchoire peu développée.

Neil Shubin :
Il est important de garder à l’esprit qu’il ne s’agit pas ici d’une espèce de poisson aberrante ou ridicule. En fait, nous sommes en présence de parties similaires à celle d’humains. Il ne s’agit pas seulement d’une branche bizarre et archaïque de l’évolution. Il s’agit d’une branche de l’évolution humaine.

Narrateur :
Elle fournit à notre équipe et aux futurs chercheurs un nouveau contexte de recherche d’un plus grand nombre d’espèces en vue de compléter l’histoire de l’évolution sur Terre.
Ici Renee Basick.

« Tiktaalik Roseae: Bridging the Evolutionary Gap Between Fish and Land Animals »
Voix hors-champ : Renee Basick
Réalisation du Chicago Media Initiatives Group
© Université de Chicago

---Fin.