Itilleq Fjord, Groenland – Le samedi 11 août

Dans le Grand Nord, là où j’ai fait la majeure partie de ma recherche, les lièvres arctiques conservent leur fourrure blanche pendant l’été. Au cours de ce voyage, j’avais pour objectif de voir et de documenter le manteau gris des lièvres qui habitent plus au sud. Même si nous avions aperçu un jeune lièvre arctique se promener dans la ville d’Iqaluit et se nourrir de plantes dans l’aire de stationnement de la prison, nous étions quand même déçus de n’avoir trouvé que des boulettes d’aliments régurgités alors que nous étions sur le terrain. Donc aujourd’hui, notre journée dans le d’Itilleq Fjord était spéciale. C’était la dernière fois que nous débarquions avant de retourner à la maison, la dernière rencontre de notre groupe, et l’on nous incitait à nous rendre à la plage et à embarquer dans le Zodiac pour accéder au navire. Et c’est à ce moment que j’ai enfin trouvé un lièvre arctique adulte au pelage gris!

Sur le chemin du retour, je déambulais le long d’une corniche rocheuse en direction de la plage quand j’ai vu surgir un lièvre devant moi. Après avoir couru brièvement, il s’est arrêté et m’a regardé assez longtemps pour que j’aie le temps de prendre quelques photos, puis il a disparu au-dessus de la corniche.

Réalisant le peu de temps qu’il me restait, je suis passé par-dessus la corniche et j’ai balayé du regard les pentes qui menaient à l’eau, pour ensuite rebrousser chemin. Je ne m’attendais pas vraiment à revoir le lièvre, mais soudainement, il était assis, immobile, dans les rochers qui lui servaient d’abri. J’ai mis la caméra vidéo en place pour enregistrer le tout et j’ai pris quelques photos. Escaladant les rochers, j’essayais de m’approcher un peu plus du lièvre sans lui faire peur. C’est alors que j’ai entendu une voix qui venait de l’eau, plus bas. « David, les gens te cherchent. » Un des membres de notre équipe déjà à bord d’un Zodiac avait été envoyé à ma recherche pour qu’on puisse prendre une dernière photo. Il était temps de retourner sur le navire, donc il me fallait quitter le lièvre. Toutefois, j’étais satisfait. Une telle occasion de documenter le pelage gris d’un lièvre arctique pendant l’été ne s’était jamais présentée à moi de la sorte.