Traversée du Détroit de Davis – Le mercredi 8 août

Nous entendons une foule de renseignements sur le changement climatique et, en particulier, le changement climatique dans l’Arctique, mais qu’en savons-nous au juste?

Nous savons, grâce aux fossiles, que le climat était plus chaud il y a des millions d’années. Nous savons aussi qu’il y avait des forêts de type tropical dans l’Arctique il y a environ 50 millions d’années, et on trouve dans certains fossiles des plantes originales qui ne se sont pas minéralisées dans le roc.

Et aujourd’hui, que se passe-t-il dans l’Arctique? Cette question très intéressante peut s’étudier sous différents angles. Mes collègues et moi avons cherché des fossiles plus récents (ayant moins de 10 000 ans) pour essayer de répondre à ces questions, et nous nous sommes tournés vers les fossiles microscopiques (les diatomées).

Il est facile de trouver des fossiles microscopiques, qui sont de bons indicateurs des conditions aquatiques, et il y en a beaucoup dans les lacs, les étangs, les rivières et d’autres cours d’eau. Les sédiments de boue présents au fond des lacs et des rivières sont d’excellents endroits pour prélever des fossiles de diatomées. Leur examen permet d’en apprendre davantage sur la longue histoire des lacs et des étangs. Mes collègues et moi avons réussi à observer dans bon nombre de lacs de l’Arctique des micro-organismes vieux de 7 000 à 12 000 ans.

Ce que nous avons découvert, c’est qu’une grande partie de l’Arctique était plus chaude aujourd’hui qu’il y a de 5 000 à 7 000 ans. Le plus intéressant, c’est qu’au cours des quelque 60 dernières années, l’Arctique s’est beaucoup réchauffé. Nous le savons parce que la population de diatomées microscopiques a augmenté de façon spectaculaire et que les espèces ont changé. Cela signifie que les lacs et les étangs sont devenus plus prolifiques, ce qui nous permet de constater que les étés arctiques sont plus longs aujourd’hui.

Le changement climatique n’est pas toujours uniforme, et il est important de se rappeler qu’une partie de l’Arctique pourrait devenir plus froide, alors que d’autres parties pourraient se réchauffer. Ce que nous savons maintenant, c’est que les fossiles de diatomées trouvés dans les lacs et les étangs de l’Arctique, quand ils sont situés loin des régions où vivent les êtres humains, qui peuvent fausser les données sur la température, indiquent que les étés se réchauffent. Il revient à la science et à nous, les scientifiques, de continuer à essayer de répondre aux questions concernant le changement climatique.