Lady Franklin Island – Le dimanche 5 août

Aujourd’hui, j’étais dans le Zodiac à destination de Lady Franklin Island. Le soleil brillait et l’air était frais. L’eau qui m’aspergeait quand le bateau fonçait dans les vagues me rappelait toujours que j’étais bel et bien dans l’Arctique.

À mesure que nous approchions des falaises abruptes de Lady Franklin Island, nous pouvions voir des miliers et des milliers de guillemots de Brüunnich en train de faire leurs nids au bord de la falaise. Je me suis demandé pourquoi il y avait tant d’oiseaux dans une région aussi éloignée.

J’avais un filet pour attraper du plancton dans l’océan. Depuis le Zodiac, j’ai mis le filet à l’eau et je l’ai laissé descendre jusqu’à deux mètres de la surface. Puis, en remontant lentement le filet, j’ai vu beaucoup de micro-organismes marins.  L’eau est ressortie lentement et quand le filet est arrivé tout près de la surface, j’ai tiré fort et j‘ai aperçu plein de microbes, ou comme j’aime le dire : « ma soupe aux microbes ».

De retour sur le bateau, quelques étudiants se sont joints à moi pour examiner les échantillons au microscope. J’ai été épaté de voir la densité de micro-organismes vivants qui se trouvaient dans l’échantillon. Dans une seule goutte d’eau, j’ai pu voir combien de micro-organismes se trouvaient dans la « soupe ». Au microscope, j’ai pu voir des micro-organismes ronds, d’autres en forme de chaîne, et même des cellules à pointes. Il existe une grande variété de formes. Dans notre monde, il y a tout un univers magique que nous ne voyons jamais.

Ce spectacle m’a ramené aux guillemots de Brüunich que j’avais vus auparavant. Pourquoi y en avait-il autant? C’est en raison du réseau alimentaire qui se trouve dans l’Arctique. Les guillemots y trouvent des poissons en abondance. Les plus gros poissons en mangent de plus petits et ils se nourrissent également de plancton « animal » (zooplancton). Le zooplancton se nourrit à son tour de phytoplancton qui capte la lumière du soleil pour vivre. La « soupe » de phytoplancton a besoin de la lumière du jour pour croître et ces nutriments proviennent des eaux profondes de l’océan.

Dans cette partie de l’Arctique, les eaux profondes remontent à la surface grâce à une circulation naturelle de courants régionaux et globaux, ce qui amène des nutriments vers les eaux de surface et le phytoplancton. Il est fascinant de pouvoir constater et de saisir l’importance du réseau alimentaire, même dans l’Arctique. Je ne cesse de m’émerveiller devant l’abondance du réseau alimentaire partout où nous allons, mais dans le milieu arctique, c’est encore plus évident et important.